lundi 10 octobre 2011

Esquise d'une nuit

On est pas des filles fréquentables !
On aime boire de l'alcool démesurément jusqu'à tomber dans les bras du premier garçon qui nous caresse l'épaule et, qui le temps d'une danse déchainée, laisse tomber sa main dans le creux de nos reins.

Ces soirées, elles débutent comme toutes les autres, autour d'un verre de Chardonnay dans l'appartement à côté de la caserne. On est prête, les robes sont trop courtes, nos yeux sont charbonneux et nos bouches sont dessinées au rouge à lèvres.
Entre deux cigarettes, on danse sur des tubes que nos parents trouvaient déjà has-been. On chante à tue tête les refrains. Les personnes qui passent devant la fenêtre se demandent si un chat ne s'est pas coincé la queue dans une porte !

Il est 23h et notre bus nous attend, on part à la dernière minute finissant notre verre sur la route et titubant déjà. Les talons claquent sur le bitume et les rires montent dans les rues du quartier.
Les 10 minutes de bus qui nous relient à notre destination se passent dans un état d'euphorie générale ! Le sentiment que la nuit nous appartient, que nous pouvons tout faire, et que même si demain on se lèvera avec la bouche pâteuse et la robe pleine d'alcool, on aura fait ce qui nous fait vibrer.

On arrive devant le bar, sages on finit notre cigarette, et on dit bonjour à l'armoire à glace qui fait les entrées. On échange quelques banalités et d'un air amusé il nous dit: " alors les filles, la semaine dernière vous vous souvenez avec qui vous êtes rentrées ?" On rougit et balbutie quelques mots incompréhensibles.
Les gens n'aiment pas les filles faciles. Celles qui roulent des pelles au bel inconnu qui s'est glissé entre elle et son verre le temps d'une commande au bar. Pourtant on est pas faciles, on est même tout à fait l'opposé. On donne notre cœur à personne, on partage juste un moment de tendresse avec un choisi dans la chaleur des corps dansant et des odeurs acres d'alcool déjà bu.
La soirée bat son plein, on a abandonné les verres pour boire à même la bouteille, et nos robes tournent au rythme de la musique.

C'est là qu'on tombe sur lui, souvent en retrait, il sourit en regardant danser les autres, échange des rires avec ses copains et boit sa bière d'un traite. Le bar est petit, un coup d’œil dans sa direction suffit à attirer son regard, un pas dans sa direction et voilà qu'on est déjà presque collé l'un à l'autre tellement que les gens se bousculent dans cet espace restreint.
On commence à discuter alors que la seule chose qui est claire dans notre esprit étourdit d'alcool est qu'il faut qu'on s'embrasse. Assouvir une envie le plus rapidement possible, comme si le lendemain était trop proche et qu'il effacerait tout.
On entend les copines rire de notre parade amoureuse bien trop maladroite. On se retourne leur jette un coup d’œil complice et recommence à embrasser notre "beau" comme si c'était la chose la plus merveilleuse qu'on nous avait donné.

Après plusieurs heures à festoyer, on rentre main dans la main chez lui. Le soleil commence à pointer le bout de son nez, nos cheveux sentent le tabac froid et notre maquillage n'est plus aussi parfait. On s'en fout, notre "beau" nous regarde avec envie.
Il ouvre sa porte et on rentre dans son univers, nos bras s'enlacent, et nos corps ne font plus qu'un jusqu'à s'endormir.
Le réveil est dur, tous les excès de la veille sont marqués sur notre visage blafard et tiré. On reprend le bus, en se cachant derrière une paire de lunettes de soleil. Les gens montent dans le bus, nous regardent avec un regard amusé pour certains, et scandalisé pour les autres. Ils vont travailler. Nous on va acheter une bouteille de coca avant de prendre une douche et de se jeter dans notre lit pour les 8 prochaines heures.

On se repasse le film de la veille et on sourit aux souvenirs brumeux. On s'est bien amusé.
On est passionnées, on aime, on déteste. On est pas des filles faciles on est des filles vivantes. On prend la vie même quand celle-ci ne veut pas se laisser faire. On provoque les situations et on espère toujours. Même quand on a le cœur en mille morceaux on se dit qu'on s'en sortira, et qu'on en rira dans 10 ans.

Et en descendant du bus on se dit: " Ce soir, faudra que je raconte tout aux filles"

dimanche 9 octobre 2011

Le mojito et les copines

"Le rhum c'est bien, les mojitos c'est mieux !"
On pourrait presque en faire notre devise de vie ! Les mojitos c'est comme un garçon c'est sucré, glacé et ça enivre !

Avec mes copines on adore aller dans un bar où on peut encore fumer des clopes en toute impunité ! On se sent un peu des pirates, à boire du rhum comme Jack Sparrow avec nos camel au coin de la bouche. C'est là-bas qu'on fait des listes des mots les plus drôles à prononcer comme "roustiflette" ou "croustillade", ou encore des garçons qui nous on fait tourner la tête le temps d'une soirée.
C'est aussi là-bas qu'on se raconte nos pires secrets, les soirées honteuses. On se moque, s’esclaffe, on reste bouche bée, ou alors on baisse la tête vers l'autre pour que la confidence soit encore plus intime.
Le seau de mojito toujours entre nous, on partage des moments où nous sommes qu'entre nous, le monde s'est peut être arrêté, on s'en fout ! L'alcool et les potins coulent à flot. Chacune prend son air mutin et commence à raconter ses histoires avec tous les détails les plus dérangeants !
On parle de garçons rencontrés dans des endroits sombres, des mains baladeuses, des fous rires, de gens qui parlent en bourré, des chutes dans les bars, des karaokés improvisés dont aucune ne se souvient, ou encore des garçons qui nous on pris en stop.
On a toutes nos secrets inavouables, et c'est ce qui fait le charme de notre amitié. Parce que quoi qu'il arrive on pourra toujours compter les unes sur les autres même si des fois on a presque des accidents sur l'autoroute tellement qu'on crie fort dans la Golden Twingo !
On a tout en commun et pourtant si différentes, on est brune, rousse, pataude, manique, impulsive, délurée, timide, pirate, drôle et amoureuse.

On est des copines pour la vie, avec ou sans mojito !